Data, panels et consentement

La crise de la data n’est pas seulement liée à l’arrêt des cookies tiers sur Chrome en 2022. Elle correspond à un besoin beaucoup plus profond de la population de ne pas être suivi.

Ok, certains s’en foutent, et partagent allègrement leur vie privée sur les réseaux sociaux. Mais je parie mon petit orteil gauche que la plupart d’entre eux, ne se montreraient pas emballés si on leur posait la question générale « acceptez-vous que les données de votre vie privée soient utilisées par des entreprises qui vont vous exposer à des publicités ciblées ? »

Bref, il y a un gros problème de consentement, dont les cookies ne sont que le coupable technologique idéal.

Vers quel monde des médias nous dirigeons-nous ?

Un mode bipolaire dans lequel une minorité des contacts publicitaires sera extrêmement bien tracée, et une majorité de contacts partiellement identifiée ou pas du tout.

Quand j’écris « extrêmement bien tracée », je fais référence au fait que ces internautes seront suivis par leur adresse email, et non grâce à un identifiant anonyme enregistré dans un cookie. Côté amélioration de la protection de la vie privée on a vu mieux ! Mais bref…

Le consentement qui a mené à donner son email est-il vraiment éclairé ? Les internautes auront-ils conscience de ce qui adviendra à leurs données ? Plus ou moins, selon les cas.

Je parie mon deuxième orteil qu’on entendra encore longtemps parler de data collectées sans consentement !

Que se passe-t-il dans un panel ? Par définition un panel est un échantillon d’individus qui acceptent de participer à des enquêtes ou d’être mesurés. Si tout est bien fait, il y a une sorte de contrat entre le panéliste et la société (d’études) qui gère le panel.

Ce contrat se doit d’être bien plus formel qu’un consentement à accepter les cookies. Il faut en effet faire preuve de pédagogie et de transparence pour que des panélistes répondent à des questionnaires, installent un logiciel ou un boitier dans leur salon.

Et ledit contrat prévoit aussi une contrepartie. Celle-ci peut être monétaire, ou sous forme de cadeaux ou d’avantages.

La motivation peut aussi être bien plus désintéressée. Il y a quelques années, un de mes oncles CSP++ m’avait dit participer au panel TV de Médiamétrie. Ne cherchez pas, j’ai plein d’oncles (des deux côtés) et le nom Nicolas nous assure un anonymat pas désagréable parfois !
Je doute que les cadeaux que mon oncle recevait en échange de sa participation l’intéressaient vu son niveau de vie. Mais il se sentait fier de participer à une mesure qui allait permettre de fournir des données si importantes pour le marché.

Quelque soit la motivation, les panels fixent un cadre de consentement bien plus clair que les data.

Je pose ici une question : lorsque la CNIL demande que l’acceptation des cookies ne mette en jeu aucune contrepartie, ne va-t-elle pas plus loin que les contrats qui lient les panélistes aux sociétés de panels ?

Pourrait-il y avoir des panels sans contreparties ? Juste pour la beauté du geste ? Sur la planète Bisounours peut-être, mais pas ici.

De même, est-il possible d’envisager que les visiteurs d’un site acceptent les cookies juste parce que le site le leur demande gentiment, avec un gif animé « chat suppliant aux grands yeux tristes » ?

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Tentons une expérience. Je vous le demande gentiment, avec de grands yeux tristes : pourriez-vous, s’il vous plaît, partager cet article sur LinkedIn ? Miaowwww ?

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