Étiquette : adblocker

  • Que les schizos lèvent la main !

    Que les schizos lèvent la main !

    Ce week-end, j’étais à un anniversaire de mariage. J’y ai rencontré de nouvelles têtes, et comme cela se fait souvent, j’ai expliqué ce que je fais dans ma vie professionnelle.

    Dans ces cas-là, je commence en douceur « Je travaille dans la publicité digitale ». Je lis souvent dans les yeux de mes interlocuteurs une déception « Il avait l’air sympa »… J’enchaîne alors en précisant « On fait du ciblage publicitaire et de la mesure en respectant la vie privée ». Petit éclair d’intérêt dans leur regard « Ah ? ». « Oui, on ne traque pas les gens, on fait des stats et de l’IA, sans identifiants, sans cookies ».
    « Enfin ! Mais c’est génial, ça ! Il y en a marre de ces pubs qui nous espionnent !!! »

    J’ai renouvelé l’expérience trois fois ce week-end, et des dizaines de fois ces dernières années. 100% de réussite.

    Mon échantillon n’est sûrement pas représentatif, mais j’ose prendre le risque d’affirmer « les gens ne veulent pas être espionnés à des fins publicitaires ».

    J’en vois déjà qui se lèvent pour me rétorquer « Oui, mais ils veulent tous que la publicité soit personnalisée ! ». On est d’accord : espionner non, personnaliser oui !

    Quand j’écris que les identifiants sont parfois un marteau-piqueur pour casser une noix, je ne dis rien d’autre : a-t-on besoin de ce niveau de détail pour simplement personnaliser la publicité ?

    Il y a quelques semaines, j’ai pris la parole dans une conférence. Environ 300 personnes dans la salle, toutes professionnelles de la publicité digitale. La table ronde ne s’est pas passée comme je pensais, mais j’avais prévu de poser une question à l’assemblée « levez la main si vous avez un adblocker ? ».

    J’ai déjà réalisé l’expérience en petit comité : entre 30% et 50% des acteurs du marché ont un adblocker. Certains peuvent ne pas en avoir au travail (il faut pouvoir vérifier que la campagne que l’on suit fonctionne), mais ils en ont un à la maison.

    Et lors de cette conférence, tout le public hochait la tête d’approbation lorsque les intervenants louaient les performances des identifiants et de la data…

    A titre personnel, personne ne veut être espionné, mais dès qu’on devient professionnel, on accepte d’espionner les gens ? 🤔

    Certains me diront : « c’est juste une question de performance ». Et bien non ! A part dans un cas très spécifique (retargeting de visiteurs ou d’acheteurs), la performance n’est pas meilleure en espionnant les internautes.

    Mais les habitudes sont là, ancrées profondément. Les présupposés ont la vie dure. Et celui qui met en œuvre des solutions de collecte de données personnelles, qui espionne les internautes à des fins publicitaires, celui-ci fait à autrui ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fit !

    Quel bonheur c’est pour nous chez Implcit de travailler sur des méthodes en phase avec nos valeurs !
    Quel bonheur de ne pas être schizos !

    Janus, le dieu aux deux visages, divinité préférée des schizos 😝


  • L’audience adressable, une meilleure représentation de la réalité du ciblage ?

    L’audience adressable, une meilleure représentation de la réalité du ciblage ?

    J’ai déjà parlé du vilain petit secret de la couverture sur cible, en mélangeant l’usage des adblockers et surtout l’impact des data.

    Mais mon article précédent m’inspire cette réflexion : l’audience adressable ne devrait-elle pas être un indicateur clé du marché ?

    Qu’est-ce que l’audience adressable ?
    A la différence de la couverture sur cible dont je parlais, l’audience adressable correspond à un maximum absolu.

    Autant on peut saisir à bras le corps la question des cookies, et se dire « pourquoi perdre 50% de ma cible, allez ! je vais faire du ciblage contextuel avec Implict et toucher 100% de ma cible ! ». Autant, l’audience adressable n’offre pas d’alternative.

    Car on ne parle pas ici de choix techniques, mais tout simplement d’individus qu’on ne peut pas toucher.

    Par définition vous ne pouvez pas toucher à la télévision une population qui n’a pas la télé.
    De même, vous ne pouvez pas toucher sur Internet une mamie qui n’a ni smart phone, ni tablette, ni ordinateur, et encore moins de connexion internet !
    Vous ne pouvez pas écrire un courrier à quelqu’un qui n’a pas d’adresse.

    Les annonceurs ont intégré certaines de ces restrictions pour des cibles simples : les jeunes sans télé, les vieux sans internet. Ou les jeunes avec les adblockers.

    Mais il y a de nombreux cas, où l’impact est plus insidieux.

    Quelle est l’audience adressable d’une population définie par des critères comportementaux ? Les visiteurs d’un site, les internautes avec tel centre d’intérêt…

    Dans ce cas, l’audience adressable est la conséquence d’un profil particulier qui n’est pas a priori connu. Et il est facile d’oublier qu’une part massive de la population ciblée peut être équipée d’un adblocker et sortir du périmètre adressable.

    Quand on mesure la qualité d’un ciblage, on utilise la notion d’affinité :

    \[Affinité = 100 {PourcentageDImpressionsCiblées \over Part De La Cible Dans La Population}\]

    Or prenons l’exemple d’une cible qui représente 20% de la population, mais qui utilise des adblockers à 50%.

    Il est donc deux fois plus dur de toucher cette population. Supposons que cela se traduise par une division par deux du pourcentage d’impressions ciblées.

    Alors, mathématiquement, l’affinité se trouve divisée par deux aussi.

    Ne faudrait-il pas introduire une notion de « part adressable » de la cible dans la population » ? Auquel cas, cette part vaudrait 10% et non 20%.

    Si on veut raffiner, ne faudrait-il pas définir une « part adressable », non pas sur la population internaute, mais sur la population internaute adressable ? En effet, la population de référence est la population internaute (soit environ 54 millions d’individus). On ne prend pas comme référence la population française en entier (environ 67 millions d’individus).

    Donc la part adressable d’un groupe quelconque sur Internet pourrait se définir ainsi :

    \[PartAdressable = {NombreDIndividusAdressablesDansLeGroupe \over NombreDIndividusAdressablesDansLaPopulationInternaute}\]

    Dans notre exemple, une cible de 20% des internautes (soit 10,8 millions), dont la moitié utilise un adblocker, représenterait, dans une population adressable de 54 millions, dont 20% (par exemple) utilisent un adblocker, une part adressable de :

    \[PartAdressable = {10,8 * (1 – 50\%) \over 54 * (1 – 20\%)} = {5,4 \over 43,2} = 12,5\%\]

    Donc, la cible adressable représenterait 12,5% de la population adressable. Cette proportion me semble mieux refléter le potentiel de cette cible sur Internet.

    Qu’en pensez-vous ?