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  • La fin du tout data

    La fin du tout data

    Le feuilleton des données personnelles en est à sa troisième saison :

    • Jusqu’aux années 2005 environ, le ciblage publicitaire n’était encore qu’une promesse
    • Entre 2005 et 2015 environ, les vannes ont été ouvertes et tout le monde s’en est donné à coeur joie
    • Depuis 2015, le marché se prépare plus ou moins bien à la fin de cette époque, rêvée par le marché, mais détestée par les internautes
    • La quatrième saison est annoncée pour 2022, lorsque Chrome mettra ses menaces à exécution. Certains l’appellent déjà : cookipocalypse…

    Ce post analyse la troisième saison et tente de spolier la quatrième.

    If the product is free, you are the product

    Avec le recul, je me rends compte que mes prédictions de 2012 se sont malheureusement réalisées, et que l’internaute ne va pas toujours y gagner : https://web.archive.org/web/20120531164220/http://www.alenty.com/fr/branding-sur-internet/blog/23-market-news/2535-cookies-des-lois-contre-linteret-general

    Les scénaristes de la saison 2 (nommés Facebook, Criteo, Google…) sont allés trop loin (avec la notion d’hyperciblage, ou ciblage individuel), et l’audience rejette en bloc leur histoire. Avoir le sentiment d’être une cible leur fait peur.

    Malheureusement pour le marché ET pour les internautes. Le bon grain et l’ivraie n’ont pas été triés, et c’est maintenant toute la notion de suivi du comportement qui est en passe d’être rejetée.
    Le retour de bâton ne touchera pas tout le monde, et comme souvent, pas les plus gros : https://www.linkedin.com/pulse/la-restriction-des-cookies-tiers-une-prime-aux-gros-laurent-nicolas/

    A la chronique de cette mort annoncée, les réponses sont diverses :

    • Croisement génétique d’une autruche et d’une grenouille : jusqu’ici tout va bien (autruche), je gère la décroissance des cookies (comme la grenouille dans une casserole qui chauffe lentement et ne cherche pas à s’échapper jusqu’à mourir) 
    • Je me souviens des jours anciens, et je m’y accroche. Je recrée des solutions d’identification (avec des emails notamment), ou via Facebook et Google (qui ne disent même pas merci). Et je ne regarde pas d’autres options.
    • Je panique, qui semble la réponse la plus courante.

    Or, si le marché savait mieux où il va, il paniquerait moins. Sans disposer de boule de cristal, on peut quand-même, avec un peu de bon sens, avoir quelques certitudes :

    • Le monde d’avant (celui du tout data, pas d’avant le COVID) ne reviendra pas. Le mal est fait, l’opinion publique rejette les cookies en bloc (avec ce qu’ils peuvent leur apporter de positif).
    • Le remplacement d’un mode d’identification par un autre est une chimère partielle. Tout le monde ne sera pas identifié. Sans boule de cristal, je ne peux pas donner de chiffre, mais je n’imagine pas qu’à terme, plus de 50% des contacts publicitaires jouissent de capacités de ciblage.
    • Le monde de demain mélangera la data et le contextuel.

    Dans ce contexte, le rapprochement avec la télévision va peut-être, contre-intuitivement pour certains, sauver le digital.  Comment ce média a-t-il pu brasser tant de milliards, pendant plus de 50 ans, sans aucune capacité de ciblage individuel ?  Le contextuel, ça a marché pendant des décennies. Pas comme la data, les deux approches sont différentes et ne doivent pas être comparées. Quel sens y a-t-il à comparer un spot télé et du retargeting ? 
    Le monde du digital a beaucoup à apprendre de celui de la télévision, tout autant que l’inverse. 


    Ce n’est donc pas la fin de la data, mais la fin du tout data.

  • Pourquoi on (re)monte une boite

    Pourquoi on (re)monte une boite

    On trouve pas mal de littérature sur les raisons qui poussent certains fous à monter une boite.
    Mais assez peu sur ceux, encore plus fous, qui en remontent une… Ils sont plus rares car ils savent combien c’est dur. La première fois, on peut leur trouver l’excuse de la naïveté. Mais la deuxième, ils doivent savoir ce qu’ils font, non ?
    Qu’est-ce qui nous motive dans la vie ? Quand on se retourne on se dit :

    • Mariage, check
    • Enfants, check (5 fois pour Nico !)
    • Création d’une start-up, check
    • Vente de la start-up, check
    • Tour du monde avec la famille, check
    • Maison / appartement à rénover, check

    On pourrait se dire que la recherche de la nouveauté devrait nous pousser à commencer une toute nouvelle vie, à quitter notre société de consommation pour élever des chèvres à l’herbe bio et faire des fromages vendus à moins de 10 km ! 
    Alors, pourquoi Nico et moi remontons une boite ?
    Commençons par quelques fausses raisons :

    • On est trop vieux pour être embauchés (à 50 et 45 ans, on se situe dans la frange coincée entre le maximum d’efficacité et la pré-retraite)
    • On est trop chers pour être embauchés. A nos âges, les enfants coûtent cher (et encore, on n’a pas de maîtresses 🙂! )
    • On n’a pas gagné assez avec notre boite précédente pour compter les vagues jusqu’à la fin de nos jours. Ou alors en Bretagne 😉 !

    Plus sérieusement, quelles sont nos vraies motivations ?


    S’amuser !

    L’excitation de créer, d’inventer, c’est super fun ! Travailler avec des gens sympas (car on les aura choisis), c’est la garantie de passer du bon temps. Vivre des moments durs, et les faire passer dans des évènements d’équipe, ça remplit nos journées. 


    Etre libres

    Lorsqu’on monte une boite, on fait ce qu’on veut (après ce que veulent les clients, les actionnaires, les impôts, les salariés, nos épouses…). Quoi qu’il en soit, cela nous laisse un tout petit peu plus de liberté d’actions que lorsqu’on est salariés (qui ont à peu près les mêmes contraintes que nous). Et la liberté, ça n’a pas de prix !


    Faire encore mieux

    L’expérience Alenty nous a permis de nous prouver qu’on pouvait révolutionner une industrie de plusieurs milliards avec peu de moyens et des idées. Le concept de visibilité publicitaire que nous avons inventé en 2007 est maintenant un élément fondamental de la publicité digitale.  Aujourd’hui, nous nous attaquons à un autre problème, plus gros encore, avec plus de moyens, et plus d’expérience.


    Travailler ensemble

    Nico et moi bossons ensemble depuis 1999 ! A part mon tour du monde et l’année dernière, nous avons toujours été dans les mêmes boites, les mêmes équipes.

    Le point de départ d’Alenty était le suivant : on ne sait pas ce qu’on va faire, mais on veut le faire ensemble. Le nom même d’Alenty est composé de nos initiales : Laurent Nicolas Thomas, LNT.
    Cette fois, l’expérience aidant, on sait ce qu’on veut faire. Je travaille sur le projet depuis plus d’un an. Mais je ne m’étais pas lancé car il me manquait un élément essentiel. Nico.

    Depuis qu’on s’est remis à travailler ensemble, on bénéficie de ce que Nico appelle notre « super pouvoir ». Cette certitude absolue que l’on peut compter sur l’autre, qu’on partage les mêmes valeurs, qu’on se soutiendra toujours, que l’autre trouvera des solutions aux problèmes qu’on n’arrivera pas à surmonter seul.


    Avec notre super-pouvoir, comment ne pas jouer encore ?