Étiquette : entreprenariat

  • Ce que signifie pour moi d’avoir rejoint Implcit deux ans après

    Ce que signifie pour moi d’avoir rejoint Implcit deux ans après

    On est en 2022 quand Meetrics pour qui je travaille depuis 5 ans se fait racheter par Double Verify. Cela me rappelle le rachat d’Alenty par AppNexus que j’avais vécu 8 ans plus tôt. Il a une effervescence typique des entreprises américaines, on sent que tout est possible et que cela va propulser ce que nous faisons à un niveau supérieur. L’équipe est formidable (coucou si vous passez par là) les projets m’enthousiasment, mais je réalise que pour moi il est temps de laisser un peu de côté l’adverification et d’entamer un nouveau chapitre de ma vie professionnelle.

    Au même moment (les étoiles se sont alignées) lors d’un déjeuner, Laurent me propose de rejoindre l’équipe d’Implcit. Je ne connais pas encore grand-chose sur ce projet, mais je lui dis un grand oui, tout de suite pour plein de raisons évidentes pour moi.

    Quand un projet est initié par Laurent et Nicolas, vous pouvez être certain qu’il va être d’avant-garde. En effet, ces deux-là font des étincelles et vont toujours à contre-courant pour bousculer le milieu dans lequel on évolue. Donc, le projet allait me plaire, j’en étais certaine.

    Humainement, je savais que je rejoignais des personnes qui me connaissent, avec qui j’avais envie d’évoluer et qui surtout sauraient me faire grandir.

    Puis quand j’ai réalisé le champ des possibles que pouvait représenter Implcit, j’ai compris que ce projet répondait à mes convictions profondes en ce qui concerne ce marché.

    Lors de mes différentes expériences, j’ai souvent eu l’occasion de m’occuper des Publishers. J’ai notamment permis à un certain nombre d’entre d’obtenir la certification Digital Ad Trust. J’ai pu voir les difficultés qu’ils rencontrent et la concurrence acharnée face au GAFAM. J’ai toujours aimé pouvoir leur donner les armes pour se défendre et valoriser leur travail colossal. Ils doivent faire face à des challenges toujours plus nombreux qui nécessitent de lourds investissements pour pouvoir proposer du contenu de qualité et se démarquer. Implcit permet aux publishers de valoriser leurs inventaires, mais aussi aux acheteurs de pouvoir trouver leurs cibles hors les Wall Garden et leurs girons rassurants.

    L’attribution est pour moi le nerf de la guerre. Pourquoi attribuer une action à tel ou tel support. Les modèles manquent clairement de transparence, de cohérence et sont souvent, il faut le dire, injustes. Implcit va permettre de répondre post cookies à ces problématiques de mesure de la performance.

    La protection de la vie privée est pour moi une condition essentielle pour effectuer notre métier de manière éthique. J’ai toujours su qu’il serait un jour possible de pouvoir proposer des publicités ciblées sans pour autant tracker des personnes et donc en respectant la vie privée des internautes. Comme la plupart d’entre nous, j’apprécie qu’on me pousse des publicités qui me correspondent sans pour autant avoir l’impression que l’on m’a trackée.
    Implcit permet de répondre aux demandes des annonceurs qui cherchent à toucher leurs cibles sans pour autant tracker l’internaute de manière individuelle.
    Je trouve donc que tout le monde en ressort gagnant. L’annonceur a touché sa cible, l’internaute a vu une publicité qui peut l’intéresser sans s’être senti pigé.

    J’ai l’impression d’être aux premières loges pour voir s’opérer la transformation de notre milieu vers un monde sans cookie et on l’espère plus vertueux.

    Merci à Laurent et Nico de me permettre de vivre cela 🙂

    Julie

  • Aller loin en regardant ses pieds

    Aller loin en regardant ses pieds

    Cet été, j’ai vécu l’expérience (volontaire) la plus éprouvante de ma vie : le trek de la Ciudad Perdida (la Cité Perdue en Colombie).

    Sur le papier, ce n’est que quatre jours de marche avec des étapes prévues entre 8 et 20 kilomètres par jour. On a fait pire. Bon, nos objets connectés ont mesuré des distances un peu supérieures (entre 10 et 23 kilomètres), mais en théorie, ça reste jouable.

    Ce trek est le seul moyen d’accéder à une cité précolombienne abandonnée au 17ème siècle, et dont il n’est resté qu’un mythe pendant 350 ans. Redécouverte dans les années 70, elle est devenue l’objet d’un trek organisé qui procure aux indigènes locaux des revenus supérieurs au pillage des tombes ou à la coca.

    Savoir que l’on va voir une cité qui n’est accessible qu’avec trois jours de marche motive toute la famille. Quatre jours de trek, c’est nouveau pour nous : porter des affaires de rechange, dormir dans dans camps, ça devrait le faire.

    Je n’avais pas mesuré l’importance de deux détails : la chaleur et les chemins.

    La chaleur tropicale, à quelques kilomètres de la mer des Caraïbes, est chargée d’une humidité saturée. 35 degrés et 100% d’humidité, ce n’est pas les 35 degrés secs que l’on a parfois en France.

    Je me suis retrouvé dans un état que je n’ai expérimenté que dans des hammams. Fatigue, transpiration extrême. Dès le premier jour, à chaque pause, je retirais mon t-shirt, et j’en essorais plusieurs décilitres ! Cet état a décuplé la difficulté de la marche. Tout était mouillé, du caleçon aux chaussettes. Et malgré les cordes sur lesquelles on pendait nos affaires pendant la nuit, tout était encore mouillé le lendemain. Ah… Enfiler un short trempé, plonger ses pieds secs dans des chaussures humides, ce petit plaisir du matin !

    Avec la chaleur, ces randonnées quotidiennes sont devenues de vraies épreuves.

    A chaque montée, mes glandes sudoripares se remettaient en route. Et des montées, il y en a un paquet ! La Cité Perdue se mérite : l’ascension finale c’est 1200 marches étroites et raides (on s’aide parfois des mains), le trek entier compte au moins 2 500 mètres de dénivelé positif. Mais c’est sans compter sur les « plats colombiens ». Un « plat colombien » ne se mange pas, c’est une succession de montées et de descentes qui ne fait au final gagner aucun dénivelé (c’est donc plat à l’échelle du trek), mais qui casse les pattes régulièrement.

    J’arrive enfin au thème de mon article : les chemins. Très vite, seuls les trekeurs et les mules peuvent les emprunter. Ce ne sont que des rochers, de la boue, du crottin de mule. Mon kiné serait content, j’ai parachevé la rééducation de mon genou opéré un an plus tôt (plusieurs ligaments rompus).

    Mais j’avais la hantise de glisser, de poser mon pied sur un caillou instable, de tomber et de casser un de mes tendons greffés à la place d’un ligament. Dès que je regardais le paysage (les montagnes couvertes de jungle, les sommets disparaissant dans les nuages), je trébuchais. Je devais m’arrêter pour en profiter.

    Le reste du temps, mon horizon se limitait aux deux mètres devant moi pour repérer où mes pieds allaient se poser. Quatre jours d’extrême concentration, dont je ne me croyais pas capable.

    Au final, je me suis rendu compte que j’avais marché jusqu’à la cité perdue en regardant uniquement mes pieds… On peut aller au bout du monde sans regarder loin !

    La Ciudad Perdida vue avec mon drone

    Comme je ne peux pas m’empêcher de faire des analogies, je me suis dit que c’était une bonne métaphore de l’entreprenariat.

    Non seulement l’attention aux détails n’empêche pas d’avoir de grandes ambitions. Mais au contraire, c’est peut-être grâce à cette attention que l’on arrive à ses fins. Si j’avais trop regardé l’objectif (le prochain col, voire la lointaine montagne ultime), j’aurais été frustré, je n’aurais vu que les difficultés, je me serais peut-être même blessé et je n’aurais jamais atteint la Cité Perdue.

    OK, l’analogie a ses limites. Le trek était encadré par des guides, et nous avions des chemins pour nous guider. L’entreprenariat ressemble plus à avancer dans la jungle machette à la main.

    Mais cette expérience m’a rappelé que mon job consiste à veiller aux détails. Ces milliers de petites actions indépendantes et dont l’accumulation crée succès ou échec selon qu’elles ont été bien ou mal gérées.

    On a souvent tendance à lâcher le quotidien pour se concentrer sur le stratégique, le long terme. C’est plus valorisant. Mais c’est l’un des pièges qui attendent les fondateurs de start-ups.

    La Ciudad Perdida est venue me le rappeler…

  • La première année d’une start-up

    La première année d’une start-up

    Il y a un an, j’annonçais que le duo d’Alenty se reformait pour lancer une nouvelle start-up, Implcit.

    J’expliquais pourquoi on remontait une boite, alors qu’on sait d’expérience combien c’est dur.

    Nos objectifs étaient alors : s’amuser, être libres, faire encore mieux.

    Un an après, où en sommes-nous ? Que fait-on pendant un an quand on monte une start-up ?

    Blog

    En un an, j’ai publié 42 articles, soit une régularité de un par semaine presque sans aucun raté (les mauvaises langues diront que j’ai pris 10 semaines de vacances !).

    L’année qui s’annonce, libérée du Covid (et donc sans confinement ?) me permettra-t-elle de garder le rythme ? Avec des clients qui deviendront autant d’urgences à gérer ? On verra !

    R&D

    Pendant un an, on a fait beaucoup, beaucoup de R&D.

    Notre système de gestion de code nous informe que l’on a écrit près de 120 000 lignes de différents langages en un an !

    Pour moi, il n’y a pas de start-up sans technologie, sans innovation. Et quand on veut s’amuser, quand on est libres, et quand on veut faire mieux, rien de tel que de laisser libre court à son imagination.

    L’innovation c’est ça : pouvoir développer une idée, c’est jouissif.
    On s’amuse (vraiment) à trouver des solutions aux problèmes que l’on rencontre. On est libres, car on a la capacité technique et l’expertise pour faire tout ce dont on a envie, et tout ce qu’il est possible de faire. Mais on ne quitte pas des yeux l’objectif ultime : faire mieux encore qu’Alenty.

    Car on vise à résoudre un problème plus large et plus ambitieux encore.

    Business

    Vous savez où va le marché de la publicité digitale, vous ? Quelle part les data auront encore dans cinq ans ? Comment la publicité digitale, vidéo, télé s’achètera et se vendra ?
    Si oui, vous avez bien de la chance, et j’espère que vous vendez très cher votre boule de cristal !

    Le fait est que personne ne sait vraiment où l’on va. Alors, il faut étudier, analyser, quantifier. Et lorsque les méthodes ont atteint leurs limites, utiliser son intuition. A nous deux, Nico et moi cumulons 45 années d’expérience dans la publicité digitale !

    Alors on parle au marché.
    On teste l’idée principale, et ses innombrables déclinaisons. En effet, à partir d’une vision business globale, il y a 1001 façons de la mettre en œuvre. L’entrepreneur qui vous dit qu’il a eu tout de suite la vision de ce que sa boite allait faire et comment, cet entrepreneur vous ment 🙂.

    Sans parler au marché, impossible d’aller très loin.
    Il faut à la fois répondre à ses besoins, et anticiper les besoins qui ne sont pas encore exprimés.
    Souvenez-vous, en 2007. La mesure de la visibilité publicitaire n’était pas un besoin exprimé. Personne ne pensait que c’était techniquement possible. Donc personne ne demandait combien de publicités étaient visibles.

    L’entrepreneur jongle entre ce qu’on lui demande et ce qu’il pense qu’on va lui demander.

    Et la dimension technologique ? On définit les fonctionnalités qu’il est techniquement possible de développer. On se dit que toute difficulté surmontée sera une barrière à l’entrée pour nos futurs concurrents.

    Pendant un an, on s’organise avec nos partenaires. On comprend leurs attentes, on négocie des contrats. On analyse leurs capacités et leurs limites.

    En conjuguant les besoins du marché, les capacités des technologies et celles de nos partenaires, on développe une première version du produit. Et quand elle est prête, on sort du bois !

    Ressources

    Pendant un an, on structure la boite.
    On embauche, on cherche des financements, on affine les profils dont on a besoin.

    Cette rentrée marque une grande étape pour nous : on sera bientôt 5 temps pleins. 5 CDI, motivés et expérimentés. Car la do-to-list est longue !

    Site

    Cette semaine, on lance notre nouveau site.
    Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

    Le premier site était volontairement sibyllin. On y parlait de ce qu’on allait faire, sans le préciser. Il y a deux raisons à cela : on n’était pas totalement prêts et on ne voulait pas se dévoiler tout de suite.

    Notre site version 2 présente clairement (je l’espère) ce que l’on fait, à qui on s’adresse, et quelle valeur on apporte. Je ne vais pas le paraphraser ici, allez le visiter et dites-moi si c’est clair…

    Donc en un an, on ne chôme pas. On se prépare pour le véritable lancement.

    Et le lancement, c’est maintenant !

  • Sans tambour ni trompette, ni vœux ni prédictions

    Sans tambour ni trompette, ni vœux ni prédictions

    Un jeune écrivain demanda un jour à Alphonse Allais de l’aider à trouver un titre pour son roman. Ce dernier lui demanda si le livre parlait de trompettes. Non répondit l’écrivain. Et de tambour ? Non plus ! Alors, appelez-le « sans tambour ni trompette » !

    Cet article ne parlera ni de tambour, ni de trompette. 

    En cherchant une illustration de cet article, je suis tombé sur l’affiche de ce film Franco-Allemand de 1960. Le titre original, l’Oie de Sedan, fait référence à ma ville natale, je ne pouvais pas éviter ce clin d’œil !

    Pas de trompette pour fêter la nouvelle année.
    A ceux auxquels j’ai présenté mes meilleurs vœux il y a un an, je dois présenter mes excuses. Je me suis bien planté.  D’ailleurs, avez-vous compté combien d’amis vous ont souhaité une bonne santé cette année ? De mon côté, zéro ! Et vous ? Je m’abstiendrai donc de vous souhaiter quoique ce soit, c’est plus prudent en 2021 😉 …

    Pas de tambour non plus aujourd’hui.
    Les tambours des crieurs publics servaient à attirer l’attention des auditeurs pour faire des annonces importantes. Qui se risquerait aujourd’hui à se lancer dans des prédictions, tant elles sont cette année hasardeuses ?

    Donc, ni trompette, ni vœux, ni tambour, ni prédictions.

    Que puis-je vous dire si je ne vous présente pas mes vœux ? 
    Peut-être simplement : agissez, avancez, allez de l’avant. Faites quelque chose. N’importe quoi, mais faites !

    Si vous êtes dans mon réseau professionnel, vous vivez comme moi une triple incertitude :

    • Sociétale : notre modèle économique, nos modes de vie sont ébranlés. Comment sera notre société ?
    • Sectorielle : le monde de la publicité digitale se prépare (peu ou prou) à une nouvelle révolution. Dans un an disparaîtra certainement la pierre angulaire de l’industrie de la data, le cookie tiers.
    • Personnelle : comment planifier sa vie dans un tel contexte ? Et plus encore si vous êtes entrepreneur.  Quelle direction donner à son entreprise en 2021 ?

    Quand on ne sait pas où l’on va, le pire est de trop réfléchir. La réflexion inhibe souvent. Et c’est quelqu’un qui pense trop qui vous le dit.

    Une expérience m’a ouvert les yeux il y a bien longtemps.
    Nous sommes en 2000, je travaille dans une start-up, NetValue, où je bénéficie d’une liberté presque totale. J’ai une idée de produit, mais je n’ai aucune idée de sa faisabilité. Son utilité dépendra de la qualité des données obtenues. Et pour ça, le seul moyen est de développer le produit entièrement, de résoudre les problèmes et de regarder les résultats obtenus. 

    J’avais identifié certaines difficultés,  sans savoir si elles avaient une solution. Mais on m’a donné carte blanche. Alors j’ai commencé à coder. Trois mois seul jusqu’au prototype complet, avant de pouvoir constituer une équipe.

    La grande leçon de cette expérience, c’est :

    • Certains problèmes que j’avais identifiés ne se sont même pas retrouvés sur ma route. Je n’ai pas eu à les attaquer.
    • Certains autres problèmes se sont révélés plus simples à résoudre que je ne le pensais. Ils ne m’ont pas posé de problème alors qu’ils me semblaient insurmontables a priori.
    • Les vrais problèmes, ceux qui m’ont donné du fil à retordre, je ne les avais pas anticipés avant de me lancer. Si j’avais plus réfléchi, je les aurais peut-être détectés. Me serais-je alors lancé ?

    J’ai souvent raconté cette histoire à des entrepreneurs ou des étudiants en entreprenariat. Je me la raconte souvent à moi-même, lorsque je me surprends à trop cogiter. 

    Cogito ergo sum? Je pense donc je suis ? « Suis », du verbe « suivre » peut-être non ? Je pense donc j’attends. J’attends que d’autres me montrent le chemin ? 

    Personne ne sait ce que sera notre société cette année. Personne ne sait comment l’industrie publicitaire va évoluer à l’approche du cookiepocalypse. Au moment où on crée une entreprise, on est dans le flou.

    Comme dit ma chérie (qui crée des parfums), quand on ne sait pas où on va, on y avance au pif !

    Alors avançons ! Marchons ! Créons !

    Chers lecteurs, je ne sais pas ce que je pourrais vous souhaiter pour 2021. Mais je sais qu’en vous souhaitant d’avancer, je vous donne le meilleur et le plus utile conseil de 2021 !

    En 2021, faites !