Étiquette : contextuel

  • Non la publicité contextuelle ne doit pas être soumise au consentement !

    Non la publicité contextuelle ne doit pas être soumise au consentement !

    Il y a quelques mois, j’ai d’abord cru à une rumeur : la CNIL et son homologue européen (CEPD) envisagent de soumettre toutes les informations d’une requête HTTP au consentement. Et cela implique l’URL.

    Cet article de Luciana Uchôa-Lefebvre dans le Journal du Net donne plus de détails.

    On peut comprendre la logique derrière cette idée : parmi les informations transmises, il y a des identifiants (déjà soumis au consentement), l’adresse IP (qui permet potentiellement de remonter à la véritable identité physique de l’internaute). Donc, on amalgame tout, et on considère que tout doit être soumis à consentement. C’est facile et simple à comprendre, comme tout raccourci expéditif.

    Commençons par analyser les conséquences qu’aurait une telle décision si elle était prise.
    En un mot, sans consentement, la publicité serait distribuée au hasard.

    Or la publicité sans aucun ciblage n’existe pas. L’équation économique ne marche pas. Personne ne distribue des flyers depuis des avions en saupoudrant à la fois les villes et les campagnes (sans information géographique, c’est ce qui se passerait). L’adresse IP, tronquée, ne fournit pas une information personnelle, mais reste le seul moyen de savoir dans quel pays se trouve l’internaute. Si cette information ne peut pas être utilisée, le marché publicitaire serait complètement aveugle.

    Pour les internautes qui ne donnent pas leur consentement, l’expérience même sur les sites serait dégradée, ridicule, exaspérante.
    Sans ciblage géographique, vous seriez abreuvé de publicités (dans l’ordre), en Chinois, en Hindi, en Anglais et en Espagnol, pour des marques que vous ne connaîtrez jamais. Ridicule.
    Sans aucun ciblage, vous auriez des publicités pour des tampons hygiéniques sur des sites de voiture et inversement. De nombreuses études montrent que l’expérience est meilleure si la publicité correspond à nos goûts et à nos besoins. Les sites décideraient-ils de ne plus mettre de publicité aux internautes qui ne consentent pas ? Au contraire ! Vue la faible valeur d’une publicité non ciblée, ils seraient tentés de décupler le nombre de publicités !
    Pour l’internaute, le résultat serait terrible : un arbre de Noël de publicités hétéroclites, sans aucun intérêt pour la plupart, et qui rivaliseraient d’artifices pour attirer l’attention (messages racoleurs, couleurs vives, effets stroboscopiques…).

    Pour les sites, je l’ai dit, la tendance baissière du prix unitaire de la publicité se traduirait presque certainement par une hausse des volumes (ou une réduction des effectifs). L’image de leurs espaces publicitaires en serait impactée. Les annonceurs seraient moins attirés par ces inventaires de piètre qualité. La boucle infernale qui tire l’Open Web vers le bas et les géants américains vers le haut accélèrerait.
    Le lobbying des Google, Meta, Amazon et autres ne serait-il pas derrière cette interprétation de la CEPD ?

    Pour les acteurs de la publicité contextuelle, le respect de la vie privée n’est pas qu’un argument. C’est une valeur d’entreprise. En créant Implcit, nous nous me sommes rangés du côté de ceux qui protègent la vie privée, à l’opposé de toutes les solutions qui cherchent à l’exploiter. En soumettant l’URL à un consentement, la CNIL donnerait raison à ceux qui vont utiliser toutes les informations qu’ils peuvent collecter sur nous, sous prétexte que l’on a donné son consentement ?
    Nous qui nous battons pour protéger les internautes des prédateurs des données personnelles, nous serions jetés dans le même sac qu’eux ?

    En hissant le consentement en Graal absolu, la CNIL ne mesure pas les effets contre-productifs qu’auraient une telle décision. Pire, elle commettrait une erreur factuelle.

    Pour comprendre les raisons de cette erreur, il faut entrer un tout petit peu, si ce n’est dans le détail, simplement dans la nature des informations.
    Identifiants, IP, et même des informations comme le user-agent (souvent accompagné de numéros de versions, de langues qui créent une clé discriminante) sont relatives à un individu. Plus précisément à un appareil, mais je vaux bien faire cette concession à la CNIL… Va pour individu, si cela rend la démonstration plus claire.

    Pour ceux qui comme moi parlent couramment le HTTP 😉 (en 1991, on écrivait du HTTP pour accéder à des contenus !), une information se distingue des autres. L’URL indique au serveur web, non pas qui je suis, mais où il (le serveur) doit trouver l’information. C’est donc fondamentalement une information relative au site, et non à l’individu.

    Le site peut d’ailleurs décider de modifier son arborescence, déplacer ses contenus. L’utilisateur n’en saura rien, ses clics suivront la nouvelle arborescence. C’est le site qui est propriétaire de l’URL, pas l’internaute.

    Dans une logique de consentement, c’est donc le site qui doit autoriser l’URL à être utilisée pour la publicité. Je parie ce que vous voulez que les sites publicitaires donneront leur consentement.

    En télévision, la publicité est contextuelle depuis toujours. Avez-vous donné votre consentement ?

    Certains rêvent de supprimer la publicité, tout simplement. Et mes avertissements d’expérience utilisateur dégradée renforcent leur position : la publicité disparaîtra. Mais ils se trompent. Des sites qui offrent des services que personne ne paiera avec un abonnement disparaîtront, leurs services avec. La publicité sera encore plus lourde, quantitativement (plus nombreuse), et qualitativement (moins pertinente). Et les géants américains et chinois rafleront la mise des annonceurs qui, eux, ne réduiront pas leurs dépenses.
    Une telle décision sera contre-productive, aux yeux mêmes de ceux qui la promeuvent !

    L’URL consultée par l’internaute n’est pas une information relative à un individu. Elle ne peut pas et ne doit pas être soumise à consentement !

  • Non au capping en contextuel !

    Non au capping en contextuel !

    La gestion de la répétition a toujours, et dans tous les média, constitué une préoccupation majeure.

    Avec le « tout data », on a cru que l’on pouvait mesurer une répétition individuelle. J’ai déjà expliqué pourquoi ce n’était pas si simple, et ce qu’on aurait pu faire d’intelligent avec ces outils.
    Mais comme toujours, la simplicité s’est imposée, et la gestion de la répétition du tout data s’est finalement limitée au capping.

    Le capping consiste à limiter la répétition d’un message publicitaire à un nombre maximum (10 par exemple). Et les acheteurs publicitaires avec data se sont particulièrement jetés sur le capping.

    C’est logique, quand on y pense. Quand on dispose d’une base de cookies à cibler, on est prêts à payer plus cher quand on en voit un passer. Et sur des cibles très spécifiques, on a peu de cookies, donc on se rue sur eux quand on les trouve.

    Résultat, le pauvre cookie se retrouve bombardé des dizaines de fois avec la même publicité. Ça l’énerve évidemment (enfin, le cookie lui-même ne s’énerve pas, mais l’utilisateur qui est derrière). En passant, je réaffirme que ça contribue à l’image négative la publicité chez de nombreux internautes.
    Pour l’annonceur, c’est aussi une perte, car la valeur marginale (apport de la N+1ième impression comparé à l’apport de la Nième) décroit, alors que le prix reste le même.

    Donc on a inventé le capping. Et cette notion simpliste (limiter le nombre maximum d’impressions sur un cookie) est souvent devenue l’unique méthode de la gestion de la répétition.

    En quoi ce serait différent avec le contextuel ?

    Déjà, le ciblage contextuel ne demande pas de cookies, le capping, si.

    Dès qu’on impose un capping, on se limite à des impressions avec cookies et consentement. Donc limiter des achats contextuels aux impressions qui ont des cookies, c’est comme limiter ses ventes de sable aux pays désertiques.

    Mais on peut aussi se dire que dans tous les cas, trop de répétitions, ça reste un problème, et décider de garder le capping même sur des achats contextuels.

    En fait, c’est juste inutile.

    Les achats contextuels vont acheter des inventaires sur des pages ou des sections de sites particuliers, mais sans s’acharner sur tel ou tel cookie. Tous les visiteurs de ces pages ont une équiprobabilité de recevoir une publicité.

    Pour qu’un internaute reçoive plusieurs fois la même publicité, il faut qu’il visite plusieurs pages qui sont éligibles au ciblage contextuel.
    Ça arrive heureusement, sinon on aurait une répétition de 1, et la publicité ne serait pas efficace. Mais la distribution des contacts (nombre de personnes exposées une fois, deux fois, etc. à une même campagne de publicités) est beaucoup plus naturelle en contextuel qu’avec des cookies.

    Ici aussi, les panels apportent une valeur ajoutée.
    Sur la base d’un panel, on peut estimer l’audience dédupliquée entre plusieurs sites ou plusieurs pages. Il est donc possible d’estimer le nombre de personnes communes aux pages A et B sur lesquelles la publicité a été servies. Et donc de calculer la probabilité qu’un individu reçoive 1, 2, 3 publicités de la même campagne.
    Souvenez-vous des tirages aléatoires avec de balles blanches et des balles rouges, avec remise. C’est si loin la terminale ? 😉

    Quelle est la probabilité de tirer 50 fois le même individu si on achète 1000 impressions sur un groupe de pages qui a 10 000 visiteurs uniques ? Je nous épargne les calculs, mais intuitivement vous sentez que cette probabilité est très très faible.

    Donc non seulement les achats contextuels rendent très improbable la sur-exposition. Mais en plus, il est possible de modéliser la répétition grâce à un panel, lorsque l’on achète en contextuel.

    Et enfin, ne pas utiliser le capping ouvre l’accès à 100% de l’inventaire ! Car martelons-le, les achats contextuels n’ont pas besoin de cookies, alors que le capping ne fonctionne que sur les impressions avec cookies !

    En conclusion, les achats contextuels permettent une répartition plus naturelle de la répétition d’expositions à une campagne publicitaire. Et les panels sont un outil puissant pour analyser cette distribution, sans cookies.

    Donc, non au capping pour les achats publicitaires contextuels !

  • Avec Topics, Google ouvre grand la porte au contextuel

    Avec Topics, Google ouvre grand la porte au contextuel

    Google ne sait toujours pas comment sortir du piège de l’arrêt des cookies tiers.

    Après une série de noms d’oiseaux (pas des insultes, des codes de projets), après FLoC, voici Topics.

    Topics s’attèle à l’un des principaux reproches qui étaient faits à FLoC, à savoir la lisibilité des performances. FLoC créait des cohortes d’internautes qui avaient peu ou prou les mêmes comportement sur Internet.
    L’acheteur était informé que la cohorte 1234 avait de meilleures performances que la cohorte 2345. 
    Et alors ? disait l’acheteur, ça me fait une belle jambe ! C’est quoi 1234 ???

    Topics remplace les cohortes anonymisées par des catégories IAB, déjà beaucoup plus lisibles.

    Mais c’est là que la liste des limitations commence :

    • Les catégories sont créées par Chrome sur la base des URLs, et non des contenus. Quand on a accès au contenu de la page (on parle du navigateur qui affiche la page), c’est un choix très limitant, dicté par une volonté de ne pas accéder à des données personnelles. Tous les sites dont les URLs ne sont pas explicites (comme Dailymotion par exemple) ne sont donc pas éligibles.
    • Seules environ 300 des 800 catégories IAB sont conservées, de façon à ne pas avoir trop de détail. 
    • Chaque site n’est associé qu’à 15 catégories au maximum !
    • Pire, lorsqu’un outil de ciblage demande à Chrome sur quelles catégories la publicité est servie, seules 3 des 15 catégories sont remontées aléatoirement. Donc la couverture du ciblage est de facto divisée par 5 à un instant donné.

    Lors de la présentation de Topics, j’étais comme tous les autres auditeurs, étonné par la pauvreté de cette proposition.

    L’intervenant en était bien conscient. Au point qu’il a lâché cette phrase à plusieurs reprises :

    « si Topics est trop limité, vous pouvez toujours faire du ciblage contextuel » !!!

    Le marché adressable d’Implcit s’est d’un coup considérablement élargi !

    En fait, Google s’est pris dans son propre siège, et ne sait pas comment en sortir.

    D’un côté, on sent une peur justifiée à l’idée que l’on puisse accuser Google (ou Chrome) d’accéder à des informations personnelles, et à les utiliser sans le consentement des internautes. Ne pas regarder les contenus alors qu’ils sont à portée de main, c’est un choix radical. Pire, le premier métier de Google est de crawler les pages, et d’en analyser le contenu. Toute l’information se trouve sur les serveurs de Google !
    Mais cela impliquerait un échange d’information entre Chrome et les serveurs, ce qui jetterait une suspicion légitime sur un éventuel traçage de l’activité.

    De l’autre côté, quand on a 70% du marché des navigateurs, des SSP, des adservers, des DSP, des CMP, il est très facile de créer des synergies qui favorisent l’un ou l’autre de ses marchés. 
    Inversement, il devient très difficile d’inventer un système qui présente un intérêt pour le marché, mais qui ne crée pas de synergie et qui ne renforce pas cette position dominante.

    Certains, notamment en Allemagne, accusent Google de chercher à augmenter ses parts de marché en arrêtant les cookies tiers dans Chrome (et en favorisant ainsi ses cookies first). Il se peut même que ce soit une décision de justice qui empêcherait Chrome d’arrêter les cookies tiers !

    Google se trouve donc dans une position très inconfortable, coincé entre trois écueils :

    • Ne pas récupérer d’informations personnelles
    • Ne pas augmenter ses parts de marché
    • Apporter de la valeur ajoutée au marché

    La solution à ce dilemme (on peut inventer le terme « trilemme » quand un dilemme a trois côtés ? 😉) a peut-être été énoncée lors de la présentation de Topics : permettre au marché d’apporter des solutions efficaces de ciblage contextuel.

    Le contextuel ne demande en effet pas de consentement, car aucune donnée personnelle n’est en jeu.
    Google pourrait s’ouvrir à des solutions qui apporteraient de la pluralité, au lieu de chercher à tout faire eux-mêmes.
    Et la notion de valeur ajoutée de ces solutions viendrait justement de leur neutralité. 

    Ce trilemme a une solution : elle s’appelle le pluralisme.

  • Faut-il interdire la publicité ciblée ?

    Faut-il interdire la publicité ciblée ?

    Il y a une tendance anti-publicité en ce moment, ne nous en cachons pas.

    Elle se traduit par une série d’évolutions de nature différente, mais qui vont toutes dans le même sens :

    • Des comportements individuels
    • Des évolutions légales
      • Le RGPD vient organiser la dépose de cookies
      • La CNIL renforce le recueil du consentement
    • Des évolutions technologiques
      • Les uns après les autres, les navigateurs bloquent les cookies tiers
      • Le consentement sur les iPhones est géré directement par Apple
      • Les adresses IP pourront être masquées dans l’univers Apple
      • Même des tentatives de contournement comme FLoC se heurtent au cadre réglementaire Européen

    Certains, comme chez Apple, veulent tuer le modèle publicitaire. Est-ce pour que les flux financiers passent exclusivement par des abonnements sur lesquels la firme touche 30% ? Meuh non, Apple est purement désintéressée, et ne se soucie que du bien-être de ses utilisateurs 😉 !

    D’autres comme Google, sont légèrement schizophrènes. Alors que l’essentiel des revenus de la société vient de la publicité, les développeurs de Chrome semblent décider seuls de la fin du fondement technique de la publicité digitale, le cookie.

    Le public comprend rarement les choix auxquels il est soumis.
    Pourtant il n’est pas con, le public. On ne le lui a juste pas expliqué.
    Avant HADOPI, il ne savait pas toujours que les artistes gagnaient de l’argent en vendant des disques. Aujourd’hui, il ne sait pas que les sites ne gagnent souvent leur vie que grâce à la publicité. Et il faut dire que le cadre réglementaire qui a encadré la mise en place du RGPD n’a pas aidé. Quel est l’intérêt de donner aux internautes la possibilité de paramétrer les sociétés auxquelles ils donneront le droit de conserver leurs données ? Même moi, qui bosse dans ce secteur depuis 23 ans, je ne connais pas la moitié de ces sociétés !

    Et la CNIL ? Dans le monde des études, certains les appellent les Ayatollahs ! Pas de consentement, pas de publicité ciblée.

    Existe-t-il des publicités non ciblées ? Là, je peux être affirmatif, la réponse est non ! Si on ne peut pas cibler la publicité, on n’en fait pas, c’est tout simple. Donc interdire la publicité ciblée revient à interdire la publicité.

    Prenons quelques exemples chiffrés.
    Si la moitié de son budget est dépensé sur des personnes qui ne sont pas dans sa cible, l’annonceur râle, mais se raccroche au principe de Wanamaker : « Je sais que la moitié des sommes que je dépense en publicité l’est en pure perte mais je ne sais pas de quelle moitié il s’agit ». 50% ça passe.

    A l’opposé, Criteo a inventé le ciblage individuel. Chaque publicité est créée pour un individu unique : celui qui a mis une paire de chaussures rouges dans son panier mais ne les a pas encore achetées. En théorie, il touche donc environ 0,000002% (1 internaute sur 55 000 000) de la population. Sans ciblage, dépenser « en pure perte » 99,999998% de son budget n’est pas acceptable.

    Où est la limite ? 60% de pertes ? 90% ? 95% ? Ca dépend de la valeur de la cible, et du coût de la pub.

    Revenons-en à la CNIL. Pas de consentement, pas de publicité ciblée. Qu’est-ce que le ciblage ?

    Il est devenu évident que le ciblage sur la base de données personnelles entre dans la catégorie qui requiert un consentement éclairé.

    Le cas de FLoC est plus subtil. Le ciblage ne repose pas sur des données individuelles directement exploitées, mais sur des données individuelles, recueillies de façon anonyme et agrégées, et activées sans qu’il soit possible d’identifier l’individu derrière la publicité. Et bien FLoC n’entre pas dans le cadre défini par la CNIL. C’est pourquoi les tests de FLoC excluent l’Europe, et pourquoi FLoC aura besoin d’un consentement explicite pour cibler les internautes en Europe.

    Quid du ciblage contextuel ? En théorie, le ciblage contextuel est un ciblage. Il demanderait donc un consentement explicite des internautes. On m’a rapporté que c’était la position de certains membres de la CNIL.

    Qu’est-ce alors que le ciblage contextuel ? Sélectionner des pages qui parlent d’oenologie pour toucher des gens qui s’intéressent au vin, est-ce du ciblage ? Ou savoir que X% des publicités sur telle page sont servies à des amateurs de vin ?
    Quel niveau de connaissance sur le contexte serait donc considéré comme du ciblage ? Peut-on « oublier » que l’on sait que L’Equipe parle de sports pour éviter de tomber sous le coup du consentement en ciblant « par hasard » les amateurs de foot ?

    Non, c’est clair, le consentement ne peut pas s’appliquer au ciblage contextuel. Ou alors, il faudrait tuer la publicité.

    Donc, plutôt que dire « pas de consentement, pas de ciblage », il faut dire « pas de consentement, pas de ciblage fondé sur des données individuelles ».

  • Les régies ont besoin du contextuel

    Les régies ont besoin du contextuel

    La fin du tout data se traduit par une diminution des CPM pour de nombreuses régies.

    Déjà malmenées par la suprématie des clics, qui avantage les contenus de mauvaise qualité, comme je l’ai écrit maintes fois, c’est maintenant l’action combinée la disparition des cookies et de la baisse du consentement qui vient les frapper.

    Une impression publicitaire mise aux enchères sans data associée (ou sans data associable), pour cause d’absence de cookie tiers ou de consentement, cette impression fera moins l’objet d’enchères débridées. Son prix d’achat sera donc souvent bien inférieur à une impression qui peut servir à une campagne de retargeting par exemple.

    Les régies tentent donc de convaincre les acheteurs que leurs environnements sont de bonne qualité et qu’ils peuvent les acheter même sans data. Mais alors, il suffit que l’agence fasse volontairement ou non l’une de ces deux actions pour ruiner les efforts de la régie :

    • laisser cochée la case « Do not buy impressions without cookies » (comportement par défaut de nombreuses DSP comme Xandr)
    • ou simplement (et c’est encore plus pervers) configurer un capping sur la campagne. Le capping se fonde aujourd’hui sur des cookies, configurer un capping entraîne de facto l’exclusion des impressions sans cookies.

    Dans les deux cas, la DSP ne placera pas d’enchère sur les impressions sans data, même si les data ne sont officiellement pas utilisées pour la campagne.

    Même sur des campagnes sans data, il est donc difficile de valoriser des impressions sans cookies ou sans consentement.

    Quand on y pense, à quoi servent les data ? A cibler. C’est tout.

    Et si on pouvait cibler sans data ? C’est ce que permet le contextuel. En connaissant bien les profils de ses audiences, une régie peut proposer un ciblage contextuel performant aux acheteurs.

    Avec le ciblage contextuel, les acheteurs peuvent toucher les individus qui intéressent les annonceurs. Une impression ciblée, que ce soit par des data ou grâce à au contexte, pourra être mieux valorisée. Lorsqu’on n’achète pas au hasard, on accepte de payer le prix.

    Mais, me direz-vous (votre pertinence ne cesse de m’impressionner !), même si on cible avec le contexte, on peut oublier de décocher la case « cookies » ou toujours chercher à imposer un capping ! Et vous avez raison !

    Pour le capping, il y a des pistes prometteuses, sur lesquelles nous travaillons, et qui mériteront un article dédié.

    Quant à la case « cookies » qu’il faut décocher, j’ai une solution radicale, et qui marche aussi pour le capping. Il suffit que la régie n’envoie que des impressions sans cookies pour ces campagnes contextuelles. Des impressions sans cookies envoyées pour une campagne qui demande des cookies, ça donne une campagne qui ne dépense pas. Et une campagne qui ne dépense pas, ça se voit, et ça se corrige.

    Un trader qui se trompe de configuration mais dont la campagne « délivre » (un jour j’écrirai un article complet sur ces anglicismes : « délivre », traduction de « deliver », mais en Français, à qui cette campagne rend-elle sa liberté ?), croira avoir fait le boulot.
    Et s’il n’a pas d’impératifs de performance, il pensera avoir fait le boulot et ne regardera pas plus loin. Mais si la campagne ne « délivre » pas (qui ? La Reine des Neiges ?), il se dira que quelque chose ne va pas.

    Bref, un ciblage contextuel sur des impressions sans cookies, ça fait les affaires des régies (et des princesses peut-être).

    Libérée! Délivrée! GIF - Liberee Delivree Lacher GIFs

    Autre argument, la couverture.

    Si vous croyez que la couverture était l’ancêtre de la couette (passez au paragraphe suivant sinon), je me permets une petite explication : la couverture correspond au pourcentage d’une cible qui a été touchée par une campagne.

    Si une campagne ne touche que les impressions AVEC des cookies, la couverture maximale que l’on peut espérer est d’environ 50% (20% en 2023). Si une campagne ne touche que les impressions SANS cookies, la couverture maximale est aussi d’environ 50% (et 80% en 2023).

    Ce qui est intéressant, c’est que ces deux 50% sont plus ou moins exclusifs (j’écrirai un article là-dessus, promis). Soit vous avez un cookie, soit vous n’en avez pas.
    Donc cibler contextuellement des impressions sans cookies, en complément d’une campagne qui cible des impressions avec des data, c’est la meilleure manière de se donner une possibilité de toucher potentiellement 100% de sa cible.

    Tous les acheteurs devraient avoir ça en tête.

    Cibler par le contextuel permet aussi de se démarquer des GAFA. Leur force, c’est les data. En acceptant d’être jugées sur leurs data, les régies se placent sur le terrain de jeu de leurs concurrents géants.

    A l’heure du rejet de l’utilisation des données personnelles, il est temps que les régies déplacent la discussion sur leur terrain de jeu.

    Les meilleurs défenseurs et promoteurs du ciblage contextuel devront être les régies.